Lorsque les femmes et les filles bénéficient d’opportunités équivalentes, c’est la société toute entière qui est gagnante. À travers le continent africain, les femmes et les filles ont soif d’apprendre. Elles rêvent d’un avenir meilleur pour poursuivre leurs études, rester en bonne santé, trouver du travail, tout en prenant soin de leurs familles.
Selon les recherches de la Banque mondiale, rien qu’au Nigéria, 9,3 milliards de dollars pourraient être générés si l’écart entre les genres était comblé dans les principaux secteurs économiques. Ainsi de nombreux pays de la région prennent des mesures en faveur de l’inclusion politique et économique des femmes. Le dernier rapport de la Banque mondiale sur Les Femmes, l’Entreprise et le Droit souligne que l’Afrique subsaharienne poursuit son train de réformes pour combler les inégalités juridiques, mais qu’un important écart subsiste entre les lois sur le papier et la réalité sur le terrain.
S’il n’est plus nécessaire d’apporter les preuves en faveur de l’égalité entre les sexes, les parcours individuels et les histoires de celles et ceux qui œuvrent pour le changement sont une véritable source d’inspiration.
Alors, découvrez le parcours d’Aissata Tidiane Touré, une jeune ingénieure en construction et co-fondatrice du Club des jeunes filles leaders en Guinée ; celui de Daagbo Hounon Houna II, roi béninois des Mers et des Océans et chef spirituel ; ainsi que d’autres défenseurs du pouvoir des filles.
Les cinq témoignages de changement qui suivent, mettent en lumière l’impact profond et la force du plaidoyer des femmes et des filles dans la région, au sein de leurs communautés et plus largement, pour leurs pays et leurs économies.
Aissata Tidiane Touré, ingénieure en construction devenue militante de l’égalité des sexes
« Lorsque vous prenez un engagement, vous devez vous en montrer responsable, » martèle Aissata Touré, 24 ans, originaire de Tiro dans la région centrale de Faranah en Guinée.
Malgré une enfance difficile, Aissata a poursuivi son rêve avec détermination. À 16 ans, elle a fondé avec quelques amies le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, un espace sûr soutenu par le projet pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel (également connu sous son acronyme anglais SWEDD), qui rassemble des jeunes filles pour leur permettre de partager leurs expériences et acquérir des compétences de vie.
« Le club m’a permis d’assumer un poste de leader et de suivre plusieurs formations au sujet des violences basées sur le genre (VBG). C’est ce qui m’a permis de devenir cette jeune fille forte qui défend les droits des filles, » assure-t-elle.
Et cette jeune activiste a laissé une empreinte indélébile dans son lointain village d’origine, en luttant courageusement contre les problèmes tels que les mariages précoces et les mutilation génitales féminines. Grâce à son action, elle a sauvé une douzaine de filles de l’excision.
« C’est ma grande fierté, » explique-t-elle. « Une intervention simple peut sauver une vie. Si l’on garde le silence, on devient complice des atrocités commises contre les femmes et les filles, et qui peut avoir un lourd impact sur le reste de leurs vies. »
Perspectives pour un avenir respectueux de la parité femmes-hommes
Ces témoignages encourageants issus de différents pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre montrent que, malgré d’importants défis, il existe aussi des motifs d’espoir pour un avenir plus équitable. Qu’il s’agisse de défendre les droits des femmes et de lutter contre les VBG, de promouvoir l’accès à l’éducation et aux opportunités économiques, ces activistes, entrepreneurs et dirigeantes changent la donne et sont à l’origine du changement au sein de leurs communautés.
Mais pour y parvenir, les pays comme les activistes ont besoin de soutien. La Banque mondiale est engagée à aider les pays à réaliser leur plein potentiel en investissant dans les femmes et les filles, pour qu’ainsi chaque individu puisse réaliser ses rêves. Disposer de preuves et de données est essentiel pour faire valoir la nécessité d’accélérer l’égalité femmes-hommes. Un rapport à paraître sur les adolescentes en Afrique contribuera à mieux comprendre les défis et les opportunités spécifiques qui se présentent aux adolescentes dans la région.