Rentrée scolaire : Entre excitation des enfants et inquiétude des parents

Chaque rentrée scolaire est un moment de renouveau, porteur d’espoir et d’ambitions pour les enfants. Mais derrière les cartables neufs et les jolies tenues se cache une réalité souvent lourde pour les parents, celle des dépenses liées à la rentrée scolaire.
Fournitures scolaires, uniformes, inscriptions. Les dépenses s’accumulent et font naitre une certaine inquiétude chez beaucoup de parents d’élèves.

Dans les rues de Bamako, les librairies et marchés s’animent, les parents scrutent les étals, comparent les prix et calculent chaque dépense.
La rentrée des classes, moment de renouveau pour les élèves devient une source d’appréhension pour beaucoup de familles. Car cette année encore la crise économique mondiale, l’inflation locale et les conséquences des intempéries viennent s’ajouter au lot de difficultés.
« Avec la situation que sévit le pays. Ce n’est un secret pour personne que la vie est chère. La rentrée vient s’ajouter à une situation déjà difficile, les moyens financiers font défaut pour acheter les fournitures. Ce que nous pouvons faire c’est de voir avec les promoteurs d’écoles si nous pouvons avoir un terrain d’entente entre nous pour pouvoir inscrire les enfants. Sinon à cette allure certains enfants risquent de rester à la maison par manque de moyens », estime Mme Keïta.
Selon Boubacar Sow, parent de quatre enfants: « tout le monde sait que le pays traverse une période difficile. Pour cette année, je vais juste acheter les fournitures scolaires nécessaires pour mes enfants. Point de superflu. Déjà qu’on a la peine à joindre les deux bouts ».
Dans l’idée d’acheter seulement les choses essentielles Mme Awa Traoré explique « Avec beaucoup d’enfants, ce n’est pas une tache facile de gérer et cela m’inquiète mais j’essayerai de gérer avec les moyens de bord ».
Malgré la situation financière difficile dans le pays, certains parents sont impatients de voir les enfants retourner à l’école afin de continuer leur formation scolaire. « Je suis ravi que l’on puisse démarrer l’année scolaire dans le délai. Un respect de calendrier qui va permettre aux établissements de finir leur programme correctement et sans pression contrairement à l’année dernière ou de nombreuses écoles n’ont pas pu composer au compte du mois du mois d’octobre et de novembre la rentrée ayant lieu le 15 novembre », explique Djibi Samaké.
Il a aussi ajouté « sur le plan économique c’est de notre responsabilité d’y faire face malgré la situation économique assez aigué et on y parviendra inchalla. Par contre je suis assez triste en pensant à ces 1500 écoles actuellement fermées à travers le pays pour cause de la situation sécuritaire. Ce sont des centaines de milliers d’enfants qui vont rater la chance d’être scolarisés. Un tableau assez sombre ».
Dans sa petite papeterie, située à Baco djicoroni golf Aboubacar Guindo affirme que la rentrée scolaire n’a plus le même goût.«Auparavant, à la rentrée ma boutique étaient toujours remplie de clients. Aujourd’hui les clients se font rares ; les familles préfèrent les grandes surfaces ou les commandes en ligne moins chères. Malgré la qualité et les conseils que j’apporte, je vois mon chiffre d’affaires chuter. C’est dur de tenir quand on a de moins de monde qui franchit la porte », se désole-t-il.

Fatoumata Doumbia

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