Le paysage médiatique malien est Affligé. Madame Diaby Makoro Camara, figure de proue de l’entrepreneuriat médiatique et promotrice du célèbre journal Kabako, s’est éteinte ce dimanche 5 avril 2026 à Bamako, des suites d’une longue maladie. Avec elle, c’est une pionnière de la presse privée qui tire sa révérence, laissant derrière elle un héritage colossal.
Bamako s’est réveillé avec le cœur lourd ce lundi matin. L’annonce du décès de Madame Diaby Makoro Camara a suscité une vive émotion au sein de la corporation. « Une femme battante », c’est ainsi que la Maison de la Presse a salué la mémoire de celle qui fut l’une de ses chevilles ouvrières.Une bâtisseuse d’empire médiatiqueMakoro Camara n’était pas seulement une journaliste ; elle était une visionnaire. Fondatrice de l’emblématique journal de proximité Kabako, elle a su conquérir les kiosques par une approche audacieuse de l’information. Son ambition ne s’est pas arrêtée là. Elle a bâti un véritable groupe avec :Mousso TV : La première chaîne dédiée à la promotion de la femme.Radio Oxygène FM : Une voix incontournable des ondes bamakoises.Wassa : Un journal féminin pionnier.Hippo Imprimerie : Preuve de sa volonté de maîtriser toute la chaîne de production de l’information.Un engagement sans faille pour les femmes et la professionAu-delà de ses entreprises, Madame Diaby était une militante infatigable de la cause des femmes dans les médias. Ancienne présidente de l’APAC-Mali (Association des Professionnelles Africaines de la Communication) et membre influente de la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO), elle a consacré sa vie à l’émergence d’un leadership féminin fort.Son expertise était également mise au service de la corporation nationale en tant qu’ancienne Trésorière générale de la Maison de la Presse, où elle plaidait sans relâche pour une presse éthique, responsable et économiquement indépendante.Une carrière couronnée de reconnaissanceLe parcours exceptionnel de Madame Diaby Makoro Camara n’est pas passé inaperçu. Son dévouement pour le rayonnement de la culture et des médias au Mali lui a valu plusieurs hommages de son vivant :Trophée de la Maison des Cinéastes du Mali : En août 2021, elle a été honorée par la Maison Fédérale du Cinéma et de l’Audiovisuel pour son engagement indéfectible envers le secteur de l’image et du son.Modèle d’entrepreneuriat féminin : Elle a étérégulièrement citée comme une référence absolue lors des assises de la presse, récompensée symboliquement par ses pairs pour sa capacité àtransformer des titres de presse en véritables institutions médiatiques.Leadership associatif : Ses mandats à la tête de l’APAC-Mali et ses fonctions de Secrétaire à la communication de l’APAC Afrique constituent en soi une reconnaissance continentale de son expertise et de son autorité morale dans le milieu de la communication.Ces distinctions témoignent de la place centrale qu’elle occupait, non seulement comme chef d’entreprise, mais comme une véritable icône de la presse malienne.Une Mentor dévouée et une Figure de proue de l’APACAu-delà des titres de presse, Madame Diaby Makoro Camara était la « Maman » de toute une génération de journalistes. Son bureau à l’imprimerie Hippo était souvent le refuge de jeunes reporters en quête de conseils. Elle ne se contentait pas de diriger ; elle transmettait. Elle a su déceler des talents là oùd’autres ne voyaient que des débutants, offrant une chance à de nombreuses femmes de s’imposer dans un milieu médiatique autrefois très masculin.Son influence a largement dépassé les frontières du Mali. En tant que Secrétaire à la Communication de l’APAC-Afrique et figure centrale de l’APAC-Mali, elle a porté la voix des professionnelles africaines de l’information sur la scène internationale. Elle militait pour que les femmes ne soient pas seulement des présentatrices à l’écran, mais des décideuses, des éditrices et des propriétaires de médias.Pour elle, la solidarité féminine dans la presse n’était pas un slogan, mais un combat quotidien qu’elle a mené avec une élégance et une fermeté qui lui valaient le respect de tous ses confrères masculins.Le repos d’une amazoneSon départ crée un vide immense. Pour ses collaborateurs, elle restera cette « amazone » constante, attentive et d’une loyauté exemplaire. Elle laisse derrière elle un modèle de résilience pour toute une nouvelle génération de communicatrices au Mali.Ses obsèques ont eu lieu ce mardi 7 avril 2026 chez son mari à Fadjiguila en commune I du district de Bamako, en présence des parents, amis, collaborateurs, voisins et des milliers de confrères dont les témoignages ont permis de consoler les cœurs et les esprits. La disparition de Makoro est une grande perte pour non seulement la presse malienne, mais aussi pour des milliers de jeunes et de chefs de famille qu’elle emploi dans ses différentes entreprises. En cette douloureuse circonstance, tout le personnel de la rédaction de l’Inspecteur présente ses sincères condoléances à sa famille durement touchée et à la presse malienne. Makoro Camara repose désormais au cimetière de Niarela. Dors en paix, Madame la Directrice. Ton « Kabako » aujourd’hui, c’est ce grand silence que tu laisses derrière toi.